Ma maison est-elle dans la zone pyrrhotite, et est-ce que sa date de construction la rend admissible au programme ?
Le cadre normatif du programme québécois ne nomme aucune municipalité : il s’applique là où une ville a signé une entente et mis des mesures en place. Le périmètre réel est donc une liste de sept villes et MRC de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Et l’intervalle 1996-2008 y figure comme un constat historique, pas comme une condition : le critère en vigueur est un dommage constaté ou une teneur d’au moins 0,23 % de pyrrhotite dans le gros granulat. Le programme est suspendu depuis le 1ᵉʳ avril 2025.
Mis à jour le
- Municipalités nommées dans le cadre normatif du programme
- Aucune — le territoire y est défini par une condition, pas par une listeFait sourcé
- Villes et MRC qui administraient réellement le volet travaux
- Sept — Trois-Rivières, Shawinigan, Bécancour, et les MRC de Maskinongé, des Chenaux, de Nicolet-Yamaska et de MékinacFait sourcé
- Critère technique d’admissibilité en vigueur
- Un dommage constaté, ou une teneur moyenne d’au moins 0,23 % de pyrrhotite en volume dans le gros granulatFait sourcé
- Ce que l’intervalle 1996-2008 est dans le cadre normatif actuel
- Un constat descriptif, jamais une condition d’admissibilitéFait sourcé
- État du programme
- Suspendu depuis le 1er avril 2025, faute de financementFait sourcé
- Propriétaires aidés depuis la mise en œuvre du programme en 2011
- 1 089 au 31 mars 2023, et 683 bâtiments dont l’expertise a été rembourséeFait sourcé
- Nombre de résidences touchées au Québec
- De l’ordre de 1 500 — la Société d’habitation l’énonce elle-même au conditionnelEstimation raisonnéeLa Société d’habitation du Québec écrit « le nombre de cas connus de résidences aux prises avec une problématique de pyrrhotite serait de l’ordre de 1 500 ». Le conditionnel est le sien. Ce n’est pas un dénombrement : c’est un ordre de grandeur, à rapprocher des 1 089 propriétaires effectivement aidés au 31 mars 2023.
- Rapports d’inspection préachat, sur 207, qui font un constat de pyrrhotite
- Sept — sous notre seuil de publication, donc aucune proportion n’est publiéeFait sourcé
La pyrrhotite est le sujet où la géographie que tout le monde cite n’existe pas dans le texte officiel, et où l’intervalle d’années que tout le monde retient a cessé d’être un critère.
Une distinction d’abord, parce qu’elle règle la moitié des malentendus : la pyrrhotite n’est pas la pyrite. La pyrite gonfle le remblai granulaire placé sous la dalle et la soulève. La pyrrhotite est dans le béton des fondations et le fissure. C’est la norme d’essai elle-même qui pose la séparation : la méthode qui caractérise les remblais « ne s’applique pas à l’évaluation des réactions sulfatiques susceptibles de causer la dégradation du béton ». Deux mécanismes, deux régions, deux programmes.
Le cadre normatif ne nomme aucune municipalité
C’est la trouvaille du dossier. On s’attend à une carte ; il y a une condition.
Le texte du programme définit son territoire ainsi : le volet travaux « s’applique sur le territoire d’une municipalité dont des bâtiments sont aux prises avec des problèmes de pyrrhotite et où des mesures ont été mises en place pour éviter les risques associés à la présence de pyrrhotite dans les fondations ». Le second volet, celui qui rembourse l’expertise, s’applique lui « sur l’ensemble du territoire du Québec ».
Vérification faite sur les seize pages du cadre normatif : aucun nom de ville, aucune MRC, aucune région n’y figure dans une disposition d’admissibilité.
Le périmètre réel existe, mais ailleurs — dans la liste des gestionnaires. La Société d’habitation écrivait que « trois villes et quatre MRC offrent actuellement le programme » : Trois-Rivières, Shawinigan, Bécancour, et les MRC de Maskinongé, des Chenaux, de Nicolet-Yamaska et de Mékinac. Elle ajoutait que « la majorité des cas se situe à Trois-Rivières ».
Une nuance à ne pas perdre : le répertoire des partenaires du second volet compte neuf entités, dont les MRC d’Arthabaska et d’Antoine-Labelle. Ce volet étant provincial, leur présence n’établit pas un foyer de pyrrhotite chez elles.
1996-2008 : un constat, pas une condition
L’intervalle est réel et il figure bien dans le texte — mais en préambule descriptif : « Plusieurs bâtiments résidentiels des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec, construits entre 1996 et 2008, ont été endommagés par la présence de pyrrhotite. »
Les sections d’admissibilité, elles, ne contiennent aucun critère d’année de construction.
L’intervalle a bel et bien été une condition, mais d’un seul volet et pour une période révolue : entre décembre 2020 et janvier 2023, le volet expertise exigeait une période de construction située entre 1996 et 2008 pour les bâtiments de la Mauricie et du Centre-du-Québec, et ailleurs des fissures confirmées par un spécialiste.
La phrase juste est donc : le programme décrit des bâtiments construits entre 1996 et 2008. Pas : le programme vise les bâtiments construits entre 1996 et 2008.
Le critère qui compte aujourd’hui est une teneur
Pour être admissible au volet travaux, le rapport d’expertise doit conclure que le bâtiment a été endommagé par la présence de pyrrhotite, ou faire état d’une teneur moyenne d’au moins 0,23 % en volume dans le gros granulat. L’expertise doit avoir été réalisée par un membre en règle de l’Ordre des ingénieurs du Québec ou de l’Ordre des géologues du Québec.
C’est un critère de matière et de dommage, pas de date ni d’adresse.
L’état du programme, et une contradiction qu’il faut connaître
Le gouvernement du Québec écrit : « En l’absence de nouveau financement, le programme est suspendu depuis le 1ᵉʳ avril 2025. Aucune demande n’est acceptée dans l’immédiat. » La page porte une mise à jour du 31 juillet 2026.
Mais la Ville de Trois-Rivières, qui administre le programme sur son territoire, écrit de son côté que « la Société d’habitation du Québec a annoncé la réouverture du programme exclusivement pour les dossiers des personnes concernées par la vague 3 ». Sa page date du 11 février 2026.
Nous ne tranchons pas. Une page provinciale plus récente dit suspendu, une page municipale plus ancienne dit rouvert pour une catégorie précise. Si le sujet vous concerne, c’est à votre municipalité qu’il faut poser la question.
Un troisième élément de calendrier, celui-là dans le texte du programme : il prend fin le 30 septembre 2026, et la Société ou le gouvernement peut y mettre fin avant cette date.
L’ampleur, telle que l’État la chiffre
1 089 propriétaires avaient reçu une aide financière pour des travaux au 31 mars 2023, et l’expertise avait été remboursée pour 683 bâtiments — dont un peu plus de 130 présentant un taux de 0,23 % sans que des travaux aient été remboursés. Le programme est en vigueur depuis 2011.
Quant au nombre total de résidences touchées, la Société d’habitation écrit qu’il « serait de l’ordre de 1 500 ». Le conditionnel est le sien, et il faut le garder : c’est un ordre de grandeur, pas un dénombrement.
Le contentieux judiciaire donne un autre point de repère. L’affaire portée jusqu’en Cour suprême concerne 857 propriétés résidentielles de la région de Trois-Rivières et du béton coulé entre 2003 et 2008. La demande d’autorisation d’appel a été rejetée avec dépens le 6 juin 2024.
Ce que votre rapport d’inspection en dira
Sur nos 207 rapports d’inspection préachat québécois, sept portent un constat touchant la pyrrhotite. Notre règle supprime toute proportion calculée sur moins de vingt rapports : nous n’en publions donc aucune, et la suppression est le résultat.
C’était attendu. Le corpus est fortement concentré sur la région de Montréal, loin du foyer mauricien. Un effectif faible dit ici quelque chose sur l’échantillon, pas sur le Québec.
Et la limite d’une inspection est nette : un inspecteur peut signaler des fissures dans une fondation ; il ne peut pas en établir la cause. La teneur en pyrrhotite se mesure par carottage et analyse en laboratoire.
Ce que nous ne savons pas
- Si le programme est ouvert aujourd’hui. Deux sources gouvernementales se contredisent et aucune ne réconcilie l’autre.
- Quelles municipalités sont réellement touchées, au-delà des sept qui administraient le programme. Le cadre normatif n’en nomme aucune, et une municipalité sans entente n’est pas une municipalité sans pyrrhotite.
- La date d’entrée en vigueur du programme à Trois-Rivières. La Société d’habitation écrit le 11 août 2011, la Ville le 22 juin 2011. Nous rapportons les deux plutôt que d’en choisir une.
- Les seuils normatifs actuels du BNQ. Le corps des normes est payant et nous ne l’avons pas acheté ; nous ne publions donc aucun seuil d’indice.
- Le texte intégral des décisions judiciaires. Les banques de décisions nous ont répondu par des erreurs d’accès. Nous citons par référence neutre et par les sommaires officiels de la Cour suprême.
Questions connexes
- La pyrrhotite et la pyrite, est-ce la même chose ?
- Non, et la norme d’essai le dit elle-même : la méthode qui caractérise les remblais « ne s’applique pas à l’évaluation des réactions sulfatiques susceptibles de causer la dégradation du béton ». La pyrite gonfle le remblai placé sous la dalle et la soulève ; la pyrrhotite est dans le béton des fondations et le fissure. Deux mécanismes, deux régions, deux programmes.
- Le programme est-il ouvert ou fermé en ce moment ?
- Québec.ca indique qu’il est suspendu depuis le 1er avril 2025, sur une page mise à jour le 31 juillet 2026. La Ville de Trois-Rivières, qui l’administre sur son territoire, fait état d’une réouverture limitée aux dossiers dits de la « vague 3 », sur une page mise à jour le 11 février 2026. Nous ne tranchons pas entre les deux : demandez à votre municipalité.
- Un inspecteur préachat peut-il détecter la pyrrhotite ?
- Il peut signaler des fissures dans une fondation ; il ne peut pas établir leur cause. La teneur en pyrrhotite se mesure par carottage et analyse en laboratoire, et le programme exige que l’expertise soit faite par un membre de l’Ordre des ingénieurs ou de l’Ordre des géologues du Québec.
- Est-ce que ma maison est trop récente pour être touchée ?
- Le contentieux judiciaire porte sur du béton coulé entre 2003 et 2008, et le cadre normatif décrit des bâtiments construits entre 1996 et 2008. Mais ces bornes décrivent la période où le granulat en cause a servi ; elles ne sont pas des conditions d’admissibilité, et le critère en vigueur porte sur le dommage et sur la teneur, pas sur la date.
Les municipalités les plus concernées
Part des logements dont l’année de construction est connue au rôle d’évaluation et qui tombe dans la période décrite plus haut. C’est une période, pas un diagnostic : elle dit ce qu’une inspection y regarde d’abord, pas ce qu’une maison contient. Chaque page dit ce qu’une inspection y vérifie en premier.
- Drummondville28,9 %Centre-du-Québec
- Saint-Boniface25,3 %Mauricie
- Victoriaville25,1 %Centre-du-Québec
- La Tuque22,6 %Mauricie
- Saint-Alexis-des-Monts21,3 %Mauricie
- Trois-Rivières21,3 %Mauricie
- Notre-Dame-du-Mont-Carmel20,8 %Mauricie
- Bécancour19,7 %Centre-du-Québec
- Nicolet18,6 %Centre-du-Québec
- Princeville16,4 %Centre-du-Québec
- Louiseville12,6 %Mauricie
- Plessisville11,9 %Centre-du-Québec
Sources
- Société d’habitation du Québec, Programme pour les résidences endommagées par la pyrrhotite — cadre normatif 2023-2026, version administrative au 30 août 2023, 16 p. Territoire du Volet 1 défini par une condition et non par une liste ; Volet 2 applicable à l’ensemble du Québec ; critère de 0,23 % ; aide de 75 % des coûts reconnus jusqu’à 75 000 $, ou 15 000 $ pour un bâtiment couvert par le plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs ; fin du programme fixée au 30 septembre 2026, 30 août 2023. Consultée le 20 août 2026.
- Gouvernement du Québec, Programme pour les résidences endommagées par la pyrrhotite, volets I et II — suspension depuis le 1er avril 2025. Pages mises à jour le 31 juillet 2026, 31 juillet 2026. Consultée le 20 août 2026.
- Ville de Trois-Rivières, Pyrrhotite — « La Société d’habitation du Québec a annoncé la réouverture du programme exclusivement pour les dossiers des personnes concernées par la vague 3 ». Page mise à jour le 11 février 2026. Cet énoncé n’a pas d’équivalent sur Québec.ca, qui maintient la suspension à une date plus récente, 11 février 2026. Consultée le 20 août 2026.
- Société d’habitation du Québec, Répertoire des partenaires municipaux du Volet II du programme — neuf entités, dont les MRC d’Arthabaska et d’Antoine-Labelle, qui relèvent du volet provincial et non du volet travaux. Copie archivée du 31 janvier 2024, 31 janvier 2024. Consultée le 20 août 2026.
- Cour suprême du Canada, Dossier 40923, Atkinsréalis Canada inc. (auparavant SNC-Lavalin inc.) et al. c. Lafarge Canada inc. et al. — 857 propriétés résidentielles de la région de Trois-Rivières, béton coulé entre 2003 et 2008 ; demande d’autorisation d’appel de l’arrêt 2023 QCCA 939 rejetée avec dépens le 6 juin 2024, 6 juin 2024. Consultée le 20 août 2026.
- Régie du bâtiment du Québec, Pyrite et pyrrhotite — « La pyrrhotite est une espèce minérale composée de sulfure de fer […] en cristallisant en lamelles, elle peut provoquer des fissures dans le béton ». La Régie ne nomme aucune région. Consultée le 20 août 2026.
- Bureau de normalisation du Québec, BNQ 2560-500/2022, méthode d’essai de l’indice pétrographique du potentiel de gonflement sulfatique — son domaine d’application énonce que « la méthode d’essai ne s’applique pas à l’évaluation des réactions sulfatiques susceptibles de causer la dégradation du béton », ce qui sépare formellement la pyrite du remblai de la pyrrhotite du béton. Corps de la norme payant, non acheté, 8 novembre 2022. Consultée le 20 août 2026.
- Répertoire des inspecteurs en bâtiment du Québec, Dépouillement de 207 rapports d’inspection préachat québécois, inspections datées de 2004 à 2026, corpus fortement concentré sur la région de Montréal. Seuil de 20 rapports par chiffre publié. Calcul reproductible : tools/pathologies-corpus.mjs. Consultée le 20 août 2026.