Mon rapport parle d’infiltration d’eau — est-ce que c’est grave, et est-ce que tout le monde a ça ?
Sur 207 rapports d’inspection préachat québécois, 183 consignent un constat lié à l’infiltration d’eau — 88,4 %, et 100 % de ceux qui portent sur un bâtiment de 1960 à 1979. C’est de loin le sujet le plus fréquent d’un rapport, devant l’électricité, la toiture et les contaminants. Dans 48,1 % des cas, l’inspecteur le classe en vice apparent ; dans 85,2 %, en risque. Un constat d’eau n’est donc pas une anomalie du rapport : c’est ce qu’un rapport contient.
Mis à jour le
- Part des rapports d’inspection préachat qui consignent un constat lié à l’infiltration d’eau
- 88,4 % — 183 rapports sur 207Fait sourcé
- Part des rapports portant sur un bâtiment de 1960 à 1979 qui en consignent un
- 100 % — 29 rapports sur 29Fait sourcé
- Part des constats d’eau classés en vice apparent par l’inspecteur
- 48,1 % — 88 rapports sur les 183 qui en portent unFait sourcé
- Part des rapports qui consignent un constat touchant le drain français
- 53,6 % — 111 rapports sur 207Fait sourcé
- Écart du drain français entre le bâti d’avant 1980 et celui de 1980 et après
- De 60,4 à 65,5 % avant 1980, contre 34,6 % aprèsFait sourcé
- Date à laquelle le drainage au bas des murs de fondation est devenu exigible pour un logement neuf
- 18 janvier 1986Fait sourcé
- Part des constats d’eau assortis d’une recommandation dans le rapport
- 63,4 % — 116 rapports sur 183Fait sourcé
Si vous ne deviez retenir qu’un chiffre de tout ce site, ce serait celui-là : sur 207 rapports d’inspection préachat québécois, 183 consignent un constat lié à l’infiltration d’eau.
C’est 88,4 %. C’est plus que l’électricité, plus que la toiture, plus que les contaminants. Et pour les bâtiments construits entre 1960 et 1979, c’est 100 % — 29 rapports sur 29.
Ce chiffre change la façon de lire un rapport, et c’est pour ça qu’il vaut une page.
Un constat d’eau n’est pas une anomalie du rapport : c’est ce qu’un rapport contient
La réaction naturelle devant « infiltration d’eau » écrit noir sur blanc est l’alarme. Le corpus dit autre chose : c’est la situation ordinaire.
| Ce qu’on compte | Résultat |
|---|---|
| Rapports qui nomment l’infiltration d’eau | 199 sur 207, soit 96,1 % |
| Rapports qui en font un constat sur le bâtiment inspecté | 183 sur 207, soit 88,4 % |
| Rapports qui la nomment sans rien constater | 16 sur 199, soit 8,0 % |
Ici, contrairement à l’amiante ou au plomb, la clause seule est rare. Quand un rapport québécois parle d’eau, il parle presque toujours de quelque chose qu’il a vu.
La question utile n’est donc pas « y a-t-il un constat d’eau », c’est où, de quelle catégorie, et qu’est-ce qui n’a pas pu être vu.
Où l’eau apparaît dans un rapport
Les constats d’eau se répartissent sur presque toutes les sections d’un rapport, et c’est justement ce qui les rend difficiles à lire. Comptés en rapports, les sections les plus touchées sont l’extérieur (135), la toiture (93), la fondation (80), les contaminants (75), puis la plomberie (30) et la structure (29).
Autrement dit : un même rapport porte souvent trois ou quatre constats d’eau à des endroits différents, qui n’ont ni la même cause ni le même coût. Un cerne de plafond sous une salle de bain et une fondation qui prend l’eau s’écrivent tous les deux « infiltration ».
Ce que l’inspecteur en fait, dans le vocabulaire de la norme
La norme d’inspection classe chaque observation dans l’une de trois catégories, et c’est cette étiquette qui devrait guider votre lecture — pas le mot « infiltration ». Sur les 183 rapports qui portent un constat d’eau :
| Catégorie | Part des rapports concernés |
|---|---|
| Risque pour la sécurité ou l’intégrité physique | 85,2 % — 156 rapports sur 183 |
| Vice apparent | 48,1 % — 88 rapports sur 183 |
| Indice de déficience | 30,6 % — 56 rapports sur 183 |
Les trois ne s’excluent pas : un même rapport peut classer l’eau en risque à un endroit et en vice apparent à un autre. Ce que ces catégories veulent dire exactement, et pourquoi la distinction est celle qui compte pour la suite, est traité dans notre page sur les trois types de constats.
Et dans 63,4 % des cas, le constat est accompagné d’une recommandation dans le rapport lui-même — une expertise, une surveillance, une correction. C’est la partie du rapport qu’on lit le moins et qui coûte le plus cher à ignorer.
Le drain français : très souvent nommé, rarement vu
| Ce qu’on compte | Résultat |
|---|---|
| Rapports qui nomment le drain français ou le drain de fondation | 160 sur 207, soit 77,3 % |
| Rapports qui en font un constat | 111 sur 207, soit 53,6 % |
| Rapports qui le nomment sans rien constater | 49 sur 160, soit 30,6 % |
Trois mentions sur dix ne sont pas une observation, et la raison est physique : le drain est enfoui au bas des murs de fondation. Un inspecteur ne peut ni le voir ni le tester. Ce qu’il consigne, ce sont des indices — humidité, efflorescence, traces au bas d’un mur — et souvent la mention que l’élément n’a pas pu être vérifié. Un examen par caméra est un mandat distinct, exécuté par une autre entreprise.
L’époque, elle, sépare nettement :
| Époque du bâtiment inspecté | Part des rapports avec un constat de drain |
|---|---|
| Avant 1950 | 61,1 % — 22 rapports sur 36 |
| De 1950 à 1959 | 60,4 % — 32 rapports sur 53 |
| De 1960 à 1979 | 65,5 % — 19 rapports sur 29 |
| 1980 et après | 34,6 % — 18 rapports sur 52 |
La coupure tombe autour de 1980, et une date réglementaire s’en approche : le 18 janvier 1986, édition du code qui exige, pour un logement neuf, un drainage au bas des murs de fondation.
Attention à ce que cette date prouve et ne prouve pas. La Régie du bâtiment écrit elle-même que la réglementation des maisons, duplex et triplex relève des municipalités, et que seule la municipalité peut préciser l’édition du code applicable à un bâtiment donné. La date est un repère de lecture, pas une garantie qu’un drain existe et qu’il fonctionne.
L’âge protège moins qu’on croit
Le bâti de 1980 et après consigne moins de constats de drain — mais il porte quand même un constat d’infiltration d’eau dans 78,8 % des rapports.
| Époque du bâtiment inspecté | Part des rapports avec un constat d’eau |
|---|---|
| Avant 1950 | 86,1 % — 31 rapports sur 36 |
| De 1950 à 1959 | 94,3 % — 50 rapports sur 53 |
| De 1960 à 1979 | 100 % — 29 rapports sur 29 |
| 1980 et après | 78,8 % — 41 rapports sur 52 |
Une maison récente n’est pas une maison sèche. Elle est mieux drainée et plus étanche, ce qui déplace le problème vers l’enveloppe et la ventilation plutôt que de le supprimer.
Ce qu’il faut faire de ces chiffres quand on lit son propre rapport
Comptez, puis triez. Un rapport avec quatre constats d’eau n’est pas quatre fois plus grave qu’un rapport qui en a un : regardez d’abord ceux qui touchent la fondation et la toiture, puis les autres.
Lisez la catégorie avant le mot. « Vice apparent » et « risque » n’appellent pas la même suite, et la norme les distingue exprès.
Cherchez ce qui n’a pas pu être vu, et pourquoi. Un mur fini, un vide sanitaire inaccessible, un sol gelé : ce sont les phrases qui bornent la portée du rapport, et elles valent souvent plus que les constats eux-mêmes.
Ne concluez pas sur le drain à partir de l’année de construction. La date de 1986 est un repère, et la Régie renvoie à la municipalité pour savoir ce qui s’appliquait vraiment.
Ce que nous ne savons pas
- Ce que ces constats coûtent. Aucune source publique québécoise ne publie de coût de réfection de drain, d’imperméabilisation de fondation ou de correction de toiture. Les montants qui circulent viennent d’entreprises et nous ne les reprenons pas.
- Si ces proportions valent pour le Québec. Nos 207 rapports ne sont pas un échantillon aléatoire : ils ont été rassemblés par une entreprise, selon leur disponibilité, et ils sont fortement concentrés sur la région de Montréal. Le compte mesure aussi la façon d’écrire des inspecteurs : un rapport plus détaillé nomme mécaniquement plus de sujets.
- Quelle part des constats se révèle sérieuse après expertise. Le corpus contient des rapports d’inspection, pas ce qui s’est passé ensuite. Personne ne publie ce chiffre au Québec, et nous ne l’avons pas.
- Quelle édition du code s’appliquait à un bâtiment donné. La Régie renvoie à la municipalité, et c’est là qu’il faut demander.
Questions connexes
- Un constat d’infiltration d’eau, ça devrait me faire reculer ?
- Pas en soi : 88,4 % des rapports du corpus en portent un. Ce qui distingue les situations, c’est l’endroit, la catégorie que l’inspecteur lui donne, et ce qu’il n’a pas pu voir. Un cerne au plafond sous une salle de bain et une fondation qui prend l’eau ne sont pas le même dossier, même si les deux s’écrivent « infiltration ».
- Pourquoi le drain français revient-il si souvent dans les rapports ?
- Parce qu’il est presque toujours invisible. Il est enfoui au bas des murs de fondation, et un inspecteur ne peut ni le voir ni le tester. Ce qu’il consigne, ce sont des indices — humidité, efflorescence, traces au bas d’un mur — et, très souvent, la mention que l’élément n’a pas pu être vérifié. Trois mentions sur dix ne sont d’ailleurs pas un constat.
- Une maison construite après 1986 a-t-elle forcément un drain français ?
- Le drainage au bas des murs de fondation est devenu exigible pour un logement neuf le 18 janvier 1986. Mais la Régie du bâtiment écrit elle-même que la réglementation des maisons, duplex et triplex relève des municipalités, et que seule la municipalité peut préciser l’édition du code applicable à un bâtiment donné. La date est un repère, pas une garantie.
- L’inspecteur peut-il tester le drain français ?
- Non, c’est hors du champ d’une inspection visuelle. Un examen par caméra du drain est un mandat distinct, exécuté par une autre entreprise, et il se paie à part.
Les municipalités les plus concernées
Part des logements dont l’année de construction est connue au rôle d’évaluation et qui tombe dans la période décrite plus haut. C’est une période, pas un diagnostic : elle dit ce qu’une inspection y regarde d’abord, pas ce qu’une maison contient. Chaque page dit ce qu’une inspection y vérifie en premier.
- Westmount72,5 %Montréal
- Lac-Mégantic33,2 %Estrie
- Mont-Royal29,6 %Montréal
- Thetford Mines25,5 %Chaudière-Appalaches
- Mont-Joli24,6 %Bas-Saint-Laurent
- Montmagny24,4 %Chaudière-Appalaches
- Beauceville23,9 %Chaudière-Appalaches
- Montréal23,3 %Montréal
- Hudson22,7 %Montérégie
- Chandler22,6 %Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
- La Malbaie21,5 %Capitale-Nationale
- Louiseville21,5 %Mauricie
Sources
- Répertoire des inspecteurs en bâtiment du Québec, Dépouillement de 207 rapports d’inspection préachat québécois, inspections datées de 2004 à 2026, corpus fortement concentré sur la région de Montréal. Un « constat » est une observation sur le bâtiment inspecté, par opposition à une clause imprimée d’avance dans le gabarit du rapport. Aucune ventilation par entreprise ni par professionnel ; aucun chiffre n’est publié s’il repose sur moins de 20 rapports. Calcul reproductible : tools/pathologies-corpus.mjs. Consultée le 20 août 2026.
- Régie du bâtiment du Québec, Code de construction et éditions historiques — tableau de la réglementation applicable selon l’année de construction ou de transformation du bâtiment, éditions historiques téléchargeables. La Régie précise elle-même que la réglementation des maisons, duplex et triplex relève des municipalités, et que seule la municipalité peut préciser l’édition exacte applicable à un bâtiment donné. Consultée le 20 août 2026.
- Bureau de normalisation du Québec, BNQ 3009-500, « Bâtiment d’habitation — Pratiques pour l’inspection en vue d’une transaction immobilière » — trois catégories de résultats : vice apparent, indice de déficience, risque pour la sécurité ou l’intégrité physique. Annexe A, qui place hors de l’inspection ce qui n’est pas observable. Citée par numéro d’article et paraphrasée, jamais reproduite — la norme se télécharge gratuitement depuis la boutique du BNQ, 26 juillet 2022. Consultée le 20 août 2026.