Aller au contenu
Répertoire des inspecteursQuébec
Menu

Test de radon au Québec : quand et comment

Est-ce que l’inspecteur peut tester le radon pendant l’inspection préachat ?

Non. Une mesure valide exige un dosimètre laissé en place au moins trois mois, de préférence entre octobre et avril — une inspection dure quelques heures. Aucune donnée de radon n’existe non plus à l’échelle d’une municipalité québécoise : la Régie du bâtiment écrit que la cartographie de l’État « ne permet pas de délimiter l’étendue spatiale des secteurs à l’échelle municipale ». Ce qu’une inspection peut vérifier, c’est autre chose : depuis le 2 juin 2022, un bâtiment neuf doit porter une canalisation sous la dalle, prête à recevoir un système d’extraction.

Mis à jour le

Durée minimale d’une mesure de radon valide
Trois mois, de préférence entre octobre et avrilFait sourcé
Ligne directrice canadienne, et sa date
200 Bq/m³, adoptée par le gouvernement du Canada le 9 juin 2007 — elle remplaçait 800 Bq/m³Fait sourcé
Part des Québécois vivant dans une maison au-dessus de 200 Bq/m³
8,2 % — contre 6,9 % pour l’ensemble des CanadiensFait sourcé
Donnée de radon publiée à l’échelle d’une municipalité québécoise
Il n’en existe aucune, et l’État le dit lui-mêmeFait sourcé
Ce que le Code de construction du Québec exige depuis le 2 juin 2022
Une canalisation de base de 100 mm sous la dalle sur sol, pour tout bâtiment neuf, sur l’ensemble du territoire — une exigence de moyen, pas de résultatFait sourcé
Ce que le Code exigeait avant cette date
Rien en pratique : les mesures ne visaient que les « zones reconnues à risques », et aucune cartographie n’en reconnaît au QuébecFait sourcé
Part des rapports d’inspection préachat qui consignent un constat touchant le radon
13,5 % — 28 rapports sur 207 ; le mot apparaît dans 41 rapports, dont 31,7 % sans aucun constatFait sourcé
Lien entre l’année de construction d’une maison et sa concentration de radon
Aucune donnée québécoise ne l’établit — la concentration ne peut pas être connue avant la fin de la construction et change pendant la vie du bâtimentFait sourcé
Décès par cancer du poumon associés au radon au Québec
Deux chiffres gouvernementaux divergents coexistent : « plus de 600 par année » et « plus de 1 000 par année »Fait sourcé

Le radon est le seul sujet de cette section où la réponse honnête est la même partout au Québec : on ne peut pas le déduire, on ne peut que le mesurer, et une inspection préachat ne peut pas le mesurer.

Cette page explique pourquoi, et ce qu’il reste à faire quand même.

Pourquoi une inspection ne peut pas produire de résultat

Une mesure valide exige un dosimètre laissé en place au moins trois mois, de préférence pendant la saison de chauffage, d’octobre à avril. Le gouvernement du Québec précise même qu’un résultat sous la ligne directrice obtenu hors de cette période devrait être repris en hiver.

Une inspection préachat, elle, se déroule en quelques heures, au moment où la transaction a lieu — pas au moment où la mesure serait valide. La durée exigée dépasse de plusieurs centaines de fois la durée d’une inspection.

Trois raisons de fond s’ajoutent à l’arithmétique, et chacune suffirait :

  • La saison change le résultat. C’est pour ça que la période de chauffage est prescrite. Une transaction qui se conclut en juin ne peut pas attendre janvier.
  • Les mesures limites ne s’interprètent pas. L’INSPQ a recommandé que toute mesure comprise entre 200 et 225 Bq/m³ soit reprise pour dix mois, afin d’éviter les faux positifs. Un chiffre pris à la va-vite dans cette zone ne décide de rien.
  • La concentration dépend aussi des occupants. Une maison vide, ou une maison en visite avec les portes qui s’ouvrent, ne se comporte pas comme une maison habitée.

Dans nos 207 rapports d’inspection préachat québécois, le radon est nommé dans 41 et fait l’objet d’un constat dans 28. Près d’une mention sur trois est donc une clause du gabarit plutôt qu’une observation — une phrase qui dit que l’inspection ne couvre pas le sujet.

Il n’existe aucune donnée municipale, et c’est l’État qui le dit

C’est le fait le plus utile de cette page pour quiconque cherche « radon à [sa ville] ».

Le ministère de la Santé et des Services sociaux détient une cartographie du potentiel d’émission de radon. La Régie du bâtiment, qui s’appuie dessus dans son analyse réglementaire, écrit que cette cartographie « ne permet pas de délimiter l’étendue spatiale des secteurs à l’échelle municipale ». Elle ajoute que l’ensemble des régions du Québec présente, à des degrés divers, des secteurs à potentialité élevée, et que « les connaissances de nature géologique ne permettront jamais de prétendre hors de tout doute qu’aucun secteur donné du Québec n’induira d’infiltration de radon » au-dessus de la ligne directrice.

Autrement dit : une page qui vous annonce le risque radon de votre municipalité invente son chiffre. Il n’existe pas.

La maille la plus fine qui soit réellement publiée est la région sociosanitaire, dans l’enquête de Santé Canada menée de 2009 à 2011. Nous la reprenons sur chaque page de ville, avec ses faiblesses écrites à côté : les pourcentages y sont bruts, non pondérés par la population, et chaque région repose sur 54 à 224 maisons testées. Le 0 % de la Mauricie–Centre-du-Québec repose sur 59 maisons : il veut dire « aucune des 59 testées », et rien d’autre.

Une seule région québécoise figurait dans la catégorie la plus élevée du pays — les 14 régions de santé canadiennes affichant de 23 % à 44 % de maisons au-dessus de la ligne directrice : la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, avec 25,3 % de 174 maisons testées.

À l’échelle de la province, 8,2 % des Québécois vivent dans une maison au-dessus de 200 Bq/m³, contre 6,9 % des Canadiens.

Ce que le Code de construction exige — et ce qu’il n’exige pas

Voici la distinction qui compte, et elle est rarement faite.

Depuis le 2 juin 2022, tout bâtiment neuf du Québec doit porter une canalisation de base de 100 mm traversant verticalement la dalle sur sol, prête à recevoir un système d’extraction si du radon est mesuré plus tard. L’exigence vaut sur l’ensemble du territoire.

Le Code n’exige pas que le bâtiment atteigne moins de 200 Bq/m³. Il exige que le tuyau soit posé. C’est une exigence de moyen, pas de résultat. Seuls l’Ontario et la Colombie-Britannique imposent, dans des secteurs identifiés, que le bâtiment soit conçu de façon à ce que la concentration annuelle moyenne ne dépasse pas la ligne directrice.

Et avant cette date, le Code n’exigeait rien en pratique. Les mesures de protection contre les gaz souterrains ne visaient que les bâtiments situés dans des « zones reconnues à risques » — or, écrit la Régie elle-même, « aucune cartographie ne reconnaît actuellement de “zones à risques” au Québec ». Une exigence qui vise un ensemble vide ne s’applique à personne.

Conséquence directe pour un acheteur : une maison québécoise construite avant juin 2022 n’a, en règle générale, aucune protection radon exigée par le Code, quelle que soit la municipalité. Ça, un inspecteur peut le vérifier — la présence ou l’absence de la canalisation est une observation, pas une mesure.

La ligne directrice, et son statut réel

Les 200 Bq/m³ ont été adoptés par le gouvernement du Canada le 9 juin 2007, en remplacement de 800 Bq/m³.

C’est une ligne directrice, c’est-à-dire une recommandation. Aucune loi ni aucun règlement du Québec n’oblige un propriétaire à mesurer le radon dans une maison existante, ni à faire des travaux si le seuil est dépassé. Nous tirons cette lecture des textes — le vocabulaire employé est systématiquement celui de la recommandation, et le seul texte réglementaire québécois qui touche le radon vise la construction neuve — mais aucune source gouvernementale ne l’énonce en ces mots, et nous ne la présentons pas comme une citation.

Ce qu’il reste à faire, concrètement

Demandez si une mesure a été faite, par écrit, et réclamez le rapport : sa date, sa durée, l’étage, le type de dosimètre. Un rapport sans ces quatre éléments ne s’interprète pas.

Vérifiez la canalisation si le bâtiment est postérieur à juin 2022. C’est une observation qui entre dans le champ d’une inspection.

Mesurez après l’achat, pendant la première saison de chauffage. C’est la seule mesure qui aura une valeur, et elle porte sur la maison telle que vous l’habitez.

Et sachez qu’aucune source gouvernementale québécoise ne traite du radon dans le contexte d’une transaction immobilière. Ni la Régie du bâtiment, ni le ministère de la Santé, ni l’organisme d’encadrement du courtage, ni Santé Canada. C’est un vide réel : personne n’a écrit ce qu’un vendeur, un acheteur ou un inspecteur devrait faire.

Ce que nous ne savons pas

  • Le risque de votre municipalité. Il n’existe pas de donnée à cette échelle, et l’État écrit lui-même que sa cartographie ne le permet pas.
  • Le lien avec l’année de construction. Aucune donnée québécoise ne l’établit. Une étude canadienne récente associe les bâtiments plus récents à des concentrations plus élevées, mais son étude de cas par année de construction porte sur l’Alberta, et nous ne transposons pas une courbe albertaine au Québec.
  • Combien de décès y sont associés. Deux chiffres gouvernementaux coexistent — « plus de 600 par année » et « plus de 1 000 par année » — et aucun des deux ne cite sa source primaire. Nous les rapportons tels quels, avec leur organisme, et nous ne les additionnons pas.
  • La formulation exacte de Santé Canada sur les maisons neuves et anciennes : son site nous a répondu par une erreur d’accès sur toutes les pages tentées. Nous nous appuyons sur les documents québécois qui reprennent sa position.
  • Combien de ménages québécois ont fait tester leur logement. Statistique Canada publie l’enquête, mais nous n’avons pas pu en extraire la ventilation québécoise.

Questions connexes

Une maison neuve est-elle moins à risque ?
Rien ne permet de le dire au Québec. Les autorités écrivent que la concentration ne peut pas être connue avant la fin de la construction et qu’elle change pendant la vie du bâtiment. Ce qui a changé pour le neuf, c’est le Code : depuis le 2 juin 2022, une canalisation sous la dalle est obligatoire partout — mais c’est une exigence de moyen, pas une garantie de résultat.
Le vendeur doit-il me dire s’il a fait un test ?
Aucune source gouvernementale québécoise ne traite du radon dans le contexte d’une transaction immobilière — ni la Régie du bâtiment, ni le ministère de la Santé, ni Santé Canada. C’est un vide réel. En pratique, la seule chose à faire est de demander, par écrit, si une mesure a été faite et d’en réclamer le rapport.
Les 200 Bq/m³, est-ce une norme obligatoire ?
C’est une ligne directrice fédérale, donc une recommandation. Aucune loi ni aucun règlement du Québec n’oblige un propriétaire à mesurer le radon dans une maison existante, ni à faire des travaux si le seuil est dépassé. Cette lecture se tire des textes ; aucune source gouvernementale ne l’énonce en ces mots.
Un test électronique de 48 heures pendant la visite, ça vaut quelque chose ?
Non, comme indicateur de décision. La santé publique des Laurentides écrit que « les tests de courte durée ne sont pas recommandés », et le Québec précise qu’un dosimètre électronique demande au moins un mois, idéalement trois, en hiver. Une maison inoccupée ou en visite ne se comporte pas non plus comme une maison habitée.

Sources

  1. Santé Canada, Enquête pancanadienne sur les concentrations de radon dans les habitations, rapport final — tableau 5, résultats bruts par région sociosanitaire ; tableaux 3 et 4, pourcentages pondérés par la population. Recrutement téléphonique dans les 121 régions de santé du Canada, dosimètre à traces alpha posé environ 91 jours pendant la saison de chauffage ; 2 220 participants recrutés au Québec, 1 849 dosimètres retournés. N° de catalogue H144-2/2012E-PDF, ISBN 978-1-100-20115-3, 1 mars 2012. Consultée le 20 août 2026.
  2. Régie du bâtiment du Québec, Analyse d’impact réglementaire — projet de règlement étendant les mesures de protection contre les gaz souterrains à l’ensemble du territoire québécois. Le radon est présent sur tout le territoire ; la cartographie du ministère de la Santé et des Services sociaux ne permet pas de délimiter les secteurs à l’échelle municipale ; aucune cartographie ne reconnaît de « zones à risques » au Québec ; seuls l’Ontario et la Colombie-Britannique imposent une exigence de résultat, 15 septembre 2021. Consultée le 20 août 2026.
  3. Régie du bâtiment du Québec, Règlement modifiant le Code de construction : mesures de protection contre les gaz souterrains pour tout le Québec — canalisation de base de 100 mm sous la dalle sur sol obligatoire pour tout bâtiment neuf ; système d’étanchéité à l’air ; ventilation mécanique acheminant l’air frais extérieur vers chaque chambre, 18 mai 2022. Consultée le 20 août 2026.
  4. Gouvernement du Québec, Radon domiciliaire — durées de mesure exigées selon le type de dosimètre ; « la concentration de radon peut varier beaucoup entre des habitations rapprochées » ; moyenne d’environ 37 Bq/m³ au sous-sol au Québec, certaines maisons dépassant 1 000 Bq/m³. Consultée le 20 août 2026.
  5. Institut national de santé publique du Québec, Protection de la santé publique contre le cancer du poumon associé au radon, Bulletin d’information en santé environnementale — abaissement de la ligne directrice de 800 à 200 Bq/m³ en juin 2007, 25 janvier 2010. Consultée le 20 août 2026.
  6. Institut national de santé publique du Québec, Dépistage du radon dans des écoles primaires du Québec, Bulletin d’information en santé environnementale — 585 dosimètres dans 65 écoles de la Gaspésie, des Laurentides et de l’Outaouais, janvier à avril 2010 ; 83 % des écoles sous la ligne directrice ; recommandation de reprendre pour dix mois toute mesure comprise entre 200 et 225 Bq/m³, afin d’éviter les faux positifs, 1 juin 2011. Consultée le 20 août 2026.
  7. Société d’habitation du Québec et Institut national de santé publique du Québec, Projet pilote de dépistage du radon dans des logements sociaux de la Gaspésie — 145 immeubles des MRC d’Avignon, de Bonaventure et de La Haute-Gaspésie ; 16 % des 380 mesures valides au-dessus de 200 Bq/m³ ; mesure la plus élevée 992 Bq/m³. Échantillon délibérément ciblé sur des zones d’investigation prioritaire, donc non représentatif du parc résidentiel de ces municipalités. ISBN 978-2-550-74912-7, 1 janvier 2016. Consultée le 20 août 2026.
  8. Institut national de santé publique du Québec, Cartographie du potentiel d’émission de radon sur le territoire de la province du Québec, Bulletin d’information en santé environnementale — approche fondée sur des indicateurs radiogéochimiques, 1 417 mesures de radon intérieur ; présentée par ses auteurs comme la première étape d’un modèle géostatistique, 8 octobre 2013. Consultée le 20 août 2026.
  9. Répertoire des inspecteurs en bâtiment du Québec, Dépouillement de 207 rapports d’inspection préachat québécois, inspections datées de 2004 à 2026, corpus fortement concentré sur la région de Montréal. Aucune ventilation par entreprise ni par professionnel ; aucun chiffre n’est publié s’il repose sur moins de 20 rapports. Calcul reproductible : tools/pathologies-corpus.mjs. Consultée le 20 août 2026.